Laissez-moi vous narrer l'histoire d'une minette...

September 19, 2018

Je m'appelle Louisiana et voici mon histoire:

Je n'ai pas toujours vécu dans la rue, contrairement à ce qu'on pourrait penser.

Il y a longtemps de ça, je ne sais plus combien de printemps exactement, mais je dirais au moins huit, je vivais encore au sein d'une famille d'humains. Il y avait des grands humains, appelés aussi "adultes" et des petits humains, appelés "enfants" (cette catégorie d'humains crie pas mal et bouge beaucoup contrairement aux grands). Jusque-là tout allait bien: je vivais une vie de chat simple et ordinaire...jusqu'au jour où ma famille d'humains est partie...pouf...comme ça, sans laisser d'adresse ou sans se préoccuper de mon devenir. 

 

C'est ainsi que je me suis retrouvée CDF (Chat sans Domicile Fixe).

J'avoue que ce soudain changement de vie, très radical, a été pour moi un vrai traumatisme. J'étais habituée à avoir à manger, à pouvoir me mettre à l'abri et au chaud dans mon chez moi et là...plus personne ne faisait attention à moi, j'étais seule et un peu perdue. 

Les années passant, je me suis fait une raison. J'avais pris mes petites habitudes de chat errant et dans le quartier où je vivais, certaines personnes me donnaient à manger. 

On va dire que je me suis accommodée à cette nouvelle vie...en même temps j'avais pas vraiment le choix! Je crois que les humains m'aimaient plutôt bien car contrairement à d'autres de mes congénères de la rue, j'étais affectueuse et gentille avec eux. Je cherchais leur compagnie, que je trouve assez agréable. 

 

Puis un jour pas comme les autres, j'ai commencé à avoir une gêne à l’œil...je ne sais pas vraiment d'où cela est venu, mais c'était très désagréable. J'avais beau me frotter l’œil avec la patte, y avait rien à faire, ça ne partait pas!

Les jours se sont écoulés et la gêne s'est peu à peu transformée en douleur. J'allais vers les humains en espérant que l'un d'eux fasse quelque chose, mais tous ont fini par me fuir...je ne sais pas vraiment pourquoi?! Je n'y étais pourtant pour rien...

Je ne peux pas vous dire combien de temps s'est passé avant qu'enfin quelqu'un prenne pitié de moi. Cette personne m'a emmenée dans un endroit pour que j'y sois à l'abri et on m'a mis des produits dans l’œil en espérant que cela me soulage. Mais il n'y avait rien à faire et entre-temps je n'y voyais plus rien de ce côté-là! 

Les douleurs étaient devenues insupportables...chaque jour qui passait, je me disais que je n'en tiendrais pas un de plus...

Puis je suis arrivée ici, au Nid, il y a de ça quelques dodos.

Complètement épuisée par cette souffrance, je n'avais plus vraiment goût à rien. Je sentais bien que les personnes autour de moi ne me voulaient pas de mal, mais j'étais à bout, comme résignée. 

 

 

 

Puis hier j'ai été conduite dans un endroit que l'on appelle "la clinique des minous". 

D'après ce qu'on m'a dit, c'est là où on soigne tous nos bobos, grands ou petits. 

J'avoue que j'avais drôlement peur d'y aller car je ne me souviens pas d'y être allée avant ça...mais au final, plus de peur que de mal...le doc était super doux avec moi, il a longuement regardé mon œil abîmé et vu ce qui a été dit, ce n'était pas bon signe pour moi: glaucome, ulcère et luxation ou subluxation du cristallin.