Faut pas pousser mémé...

October 31, 2019

Mes chat'lutations à vous, chers humains, 

Je me nomme Carbone et apparemment c'est à mon tour de me présenter ce mois-ci dans le portrait du mois. 

Je ne vous cache pas que cela ne m'enchante guère de venir ici pour déballer ma vie privée devant de parfaits inconnus, mais bon, je ne voulais pas froisser mon ami Steve qui a mis ça en place il y a quelques mois!

 

                                                              Ch'est moi, Carbone!

 

Même si j'ai fêté cette année mes dix-sept piges, ma vie n'a pas été très folichonne. Je n'ai pas été maltraitée ou encore abandonnée comme certains de mes congénères ici présents...non, je suis juste née errante et libre!

Avant j'habitais en ville, dans la cour d'un petit immeuble dijonnais. C'est là que j'ai grandi et que je me suis forgé mon caractère. 

Il y avait une humaine qui habitait là et qui me servait quotidiennement de bons repas et qui, de temps à autre, lorsque cela était nécessaire, m'attrapait pour me conduire chez le coiffeur félin. 

D'ailleurs, je tiens à lever le mystère de suite: il ne s'agit en rien d'un coiffeur ordinaire...hein!

Comme on essayait de me faire croire lorsque j'étais encore jeune et naïve...non, pas du tout.

En fait c'est le docminou qui s'occupe de votre coupe et il faut bien l'avouer que parfois ce n'est pas trop bien réussi! 

En même temps, on ne va pas lui jeter la pierre, ce n'est pas son métier de couper les poils, son truc à lui c'est plutôt de nous soigner. 

Vous imaginez donc que parfois je me retrouvais avec une tête très particulière...heureusement que ça repousse vite! 

Ah oui, j'oubliais de vous dire pourquoi on était obligé de m'emmener là-bas, suis-je bête et tête en l'air! C'est parce que je suis née avec une belle fourrure longue et épaisse...et qui s'emmêle très rapidement. 

 

J'ai donc vécu ainsi pendant quelques années, puis au fur et à mesure que le temps passait, le quartier dans lequel je vivais est devenu de moins en moins fréquentable et certains de mes congénères finissaient pas trop bien ou disparaissaient dans de mystérieuses circonstances. 

Puis aussi il y avait le souci des espaces verts...non mais c'est quoi cette mode de mettre du goudron partout??! 

On avait même plus un seul buisson pour faire des petites siestes tranquilles!

Vous comprendrez que cela me stressait beaucoup et je devenais de plus en plus méfiante de tout et de tout le monde. A tel point que lorsqu'il a fallu m'emmener de nouveau chez le doc pour ma coupe annuelle, je n'ai pas voulu rentrer dans l'espèce de cage que l'humaine avait mise (pas folle la guêpe). 

 

Après ça, la situation s'est corsée pour moi car mes poils se sont tout emmêlés et ne me demandez pas comment...j'ai réussi à me coincer la patte avant dans une bourre géante et me suis retrouvée quelque temps à devoir marcher sur trois pattes...pas pratique cette histoire! 

Je pense que cela a beaucoup inquiété ma bipède servante (faut dire qu'il ne vous en faut pas beaucoup!) et c'est à cette époque même que j'ai quitté la ville pour aller m'installer à la campagne et plus précisément au Nid. 

 

                                                           A mon arrivée au Nid...

                                                  ...je me suis très vite acclimatée

 

Je ne vais pas vous cacher qu'au début ça m'a fait un sacré changement! Et d'un: je n'avais pas l'habitude de vivre en colocation avec autant de chats autour de moi et de deux: je trouvais ce silence ici vraiment irréel! En ville il y a toujours tellement de bruit...les engins à roues notamment mais aussi les bipèdes qui font toujours un de ces boucans!

Rien que lorsque vous vous adressez à nous...oh quelle misère...cette voix forte et stridente! 

Je crois que c'est ce que j'ai le plus apprécié lorsque je suis arrivée au Nid...ce silence...ce calme...cette sérénité! Un pur bonheur! 

 

Bon, je vous épargne tous les petits détails très peu intéressants: le passage chez le doc, ma nouvelle coupe et tout le reste...vous connaissez la musique! 

J'ai encore boité un petit moment (même une fois libérée de cette méga bourre de poils) mais au fur et à mesure de mes balades ici au Nid, je me suis rééduquée toute seule comme une grande. 

J'ai fait connaissance avec pas mal de monde mais je vais être honnête avec vous: je n'apprécie pas forcément tout ce petit peuple...mais chut, ça reste entre nous, je ne voudrais pas en froisser certains...ils peuvent être tellement susceptibles! 

Il y a quelques années de ça j'ai fait connaissance avec une amie exceptionnelle: Bérénice. 

Une minette très distinguée et charmante avec qui je pouvais passer des heures à discuter.

Elle aussi venait de la ville et tout naturellement nous nous étions tout de suite trouvé des tas de points communs...mais malheureusement Bérénice est tombée malade et est décédée l'année dernière. 

Cela m'a tellement peinée que j'ai décidé de ne plus m'attacher à qui que ce soit...fini...terminé! 

 

                     Ma meilleure amie Bérénice et moi-même...mon amie pour toujours! 

 

Depuis je vis ma petite vie tranquille et j'apprécie ma totale indépendance. 

Et puis vous savez, avec l'âge, je suis devenue un peu dure de la feuille alors j'ai du mal à m'entretenir avec mes colocataires. En même temps, soyons honnêtes, ils n'ont jamais grand-chose de bien intéressant à me raconter...toujours les mêmes potins! 

Je suis une minette distinguée et cultivée, moi, ce genre de choses futiles ne m'intéresse donc pas. 

 

Et les humains...parlons un peu des humains (parce qu'il y en a à dire sur eux...un vrai roman!).

Pour ne rien vous cacher et sans vouloir vous vexer, je n'ai jamais aimé les bipèdes!

Ces grandes pattes, tout patauds et ce son que vous émettez lorsque vous vous exprimez...pouhh, rien que d'y penser j'ai les poils qui se hérissent! 

Depuis que je suis un petit chaton j'ai toujours considéré les humains comme de simples servants.